
DOSSIER FRA9 · La grande histoire de France
La Révolution française
Pourquoi 1789 bouleverse la France et influence le monde.
Œuvre c. 1793 · Charles Thévenin / Paris Musées · Public domain / CC0 1.0 reproduction. Représentation peinte de 1789, pas une photographie. Charles Thévenin / Paris Musées ↗
Chronologie: ce qui change, ce qui ne change pas d’un coup
Repères de 1789 à 1799; les dates institutionnelles ne résument pas les expériences régionales, coloniales ou individuelles.
| Date | Repère | Changement | Distinction utile |
|---|---|---|---|
| 17 / 20 juin 1789 | Assemblée nationale / Jeu de paume | Représenter la nation; engagement constitutionnel | Pas encore une République |
| 14 juillet 1789 | Prise de la Bastille | Mobilisation parisienne et rapport de force | La Révolution ne se limite pas à Paris |
| 4 / 26 août 1789 | Privilèges / Déclaration des droits | Rupture de principes et de droit | L’application n’est pas instantanée |
| 3 septembre 1791 | Constitution | Monarchie constitutionnelle | Citoyenneté et vote restent distincts |
| 10 août / 21 septembre 1792 | Insurrection / abolition de la royauté | Chute de fait puis fin formelle de la monarchie | Deux étapes, pas une date interchangeable |
| 4 février 1794 | Abolition de l’esclavage | Décret de la Convention | Application inégale; retournement en 1802 |
| 27–28 juillet 1794 | 9–10 thermidor an II | Chute et exécution de Robespierre et de ses alliés | Pas la fin de toute violence politique |
| 22 août 1795 | Constitution de l’an III | Organisation du Directoire | La République n’est pas le suffrage de tous |
| 9–10 novembre 1799 | 18–19 brumaire an VIII | Coup d’État et passage au Consulat | Fin conventionnelle, héritages durables |
Comprendre l’essentiel en un regard
FRA9Principes éditoriauxSignaler une correction
La durée estime le texte principal; tableaux, outils, sources et questions demandent un temps de lecture supplémentaire.
repères: 1789–1799 · Souveraineté et droits · Guerres et conflits · Archives et mémoire
Dix années de choix, pas un seul événement
La Révolution française se comprend comme une succession de crises et d’expériences politiques, généralement étudiée ici de 1789 au coup d’État de 1799. Elle ne se réduit ni à la Bastille ni à une marche inévitable vers la République. En mai 1789, les États généraux rassemblent les représentants des trois ordres à Versailles; la question devient rapidement celle du pouvoir de représenter la nation. Pour lire la période, séparez les décisions des assemblées, les mobilisations populaires, les conflits dans les campagnes et la guerre. Leurs acteurs n’ont ni le même projet ni la connaissance de la suite.
Juin 1789: représenter la nation
Le 17 juin 1789, les députés du tiers état se proclament Assemblée nationale. Le 20 juin, réunis dans la salle du Jeu de paume, ils s’engagent à ne pas se séparer avant d’avoir donné une constitution au royaume. Le déplacement est décisif: la représentation ne repose plus uniquement sur l’organisation en ordres voulue par la monarchie. Il ne s’agit pourtant pas encore d’abolir la royauté. Le lieu conservé à Versailles et les représentations de David permettent de suivre à la fois l’événement et sa mise en mémoire; une image préparée ensuite n’est pas un enregistrement neutre de la séance.

L’été 1789: une rupture politique et sociale
La prise de la Bastille, le 14 juillet, transforme le rapport de force à Paris. Dans les campagnes, les mobilisations de la Grande Peur visent aussi les droits et titres seigneuriaux. La nuit du 4 août ouvre l’abolition des privilèges; le 26 août, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen formule liberté, égalité juridique et souveraineté nationale. Distinguez principes proclamés, décrets et application: le règlement des droits féodaux se poursuit au-delà de cette nuit. La Déclaration propose un langage nouveau pour contester l’ordre établi, sans rendre immédiatement égales toutes les situations sociales ou politiques.
1791: une monarchie constitutionnelle, un suffrage limité
La Constitution du 3 septembre 1791 organise une monarchie constitutionnelle: l’Assemblée législative fait la loi et le roi conserve l’exécutif ainsi qu’un veto suspensif. La souveraineté nationale ne signifie pas encore suffrage universel. Le texte distingue notamment les citoyens actifs, soumis à des conditions d’âge, de domicile et de contribution; les femmes sont exclues du vote. La fuite et l’arrestation du roi à Varennes, en juin, ont déjà fragilisé la confiance. Lire le texte constitutionnel permet de voir la différence entre égalité civile proclamée, participation politique et distribution effective des pouvoirs.
1792: la guerre et la fin de la royauté
La France déclare la guerre au roi de Bohême et de Hongrie le 20 avril 1792. Les défaites, les tensions politiques et la suspicion envers la cour accélèrent la crise. Le 10 août, l’insurrection parisienne renverse la monarchie de fait; le 21 septembre, la Convention abolit formellement la royauté. Ce sont des étapes distinctes. La nouvelle assemblée est élue selon un suffrage masculin élargi, sans participation électorale des femmes. Le procès de Louis XVI se termine par son exécution le 21 janvier 1793. La guerre transforme durablement la Révolution: défense, mobilisation et conquête s’entremêlent, sans se confondre.
1793–1794: comprendre sans excuser ni réduire
Guerres extérieures, guerre civile et conflits économiques accompagnent le gouvernement révolutionnaire et des mesures d’exception. La Constitution de juin 1793 est adoptée mais son application est ajournée. La période appelée «Terreur» comporte répression, justice d’exception et violences d’État; elle ne s’explique pas par un seul homme ni par la guillotine seule. L’approche du musée Carnavalet replace aussi fêtes, vie quotidienne et projets sociaux dans ce contexte. Les 9 et 10 thermidor an II, soit les 27 et 28 juillet 1794, marquent la chute puis l’exécution de Robespierre et de ses alliés; ils ne font pas disparaître toute violence politique.
L’universel proclamé et ses exclusions
Les femmes prennent part aux mobilisations et aux débats, mais n’obtiennent pas le droit de vote; Olympe de Gouges répond en 1791 par sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne. Dans les colonies, les personnes réduites en esclavage agissent elles-mêmes, notamment à Saint-Domingue à partir de 1791. La Convention abolit l’esclavage le 4 février 1794, après des abolitions locales en 1793. L’application reste inégale; Bonaparte rétablit ou maintient l’esclavage en 1802 selon les territoires. Les Archives nationales permettent de distinguer le décret, sa portée et son destin: 1789 ne résout donc pas d’un coup toutes les exclusions.
1795–1799: stabiliser la République, puis la renverser
La Constitution de l’an III, adoptée le 22 août 1795, organise le Directoire, un exécutif collégial et deux conseils législatifs. Elle recherche un équilibre après la période d’exception, mais le suffrage reste restreint et le régime connaît des coups de force. Les 18 et 19 brumaire an VIII, les 9 et 10 novembre 1799, Bonaparte et ses alliés imposent un changement de régime: le Consulat succède au Directoire. Ce terme conventionnel n’est pas la fin des héritages. Confrontez textes, objets du musée Carnavalet et images datées pour distinguer décision, vécu et mémoire. Une page d’exposition passée est une source historique, pas une offre actuelle de réservation.

%20La%20Chasse%20au%20Moyen%20Age%20(Chasse%20au%20faucon)%20-%20Henri%20Rachou.jpg?width=1500)